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Altermondialisation. FSE : to be or not to be

by source: l' Humanité - 11.02.2004 13:46

Première assemblée de préparation du FSE 2004
 

Londres,
envoyé spécial.

Un, deux, zéro. Après les deux premiers forums sociaux européens (FSE) à Florence et à Paris, Saint-Denis, Bobigny et Ivry, le processus conduit à Londres, mais en passant par la case départ, ou presque. Réunie le week-end dernier dans la capitale anglaise, l'assemblée européenne de préparation du troisième FSE aura permis de mesurer les enjeux de cette étape cruciale, à la croisée des chemins entre risques et chances.

Premier risque mis en lumière ce week-end : que le FSE ne puisse purement et simplement pas se tenir, ou qu'il se déroule mais en réduisant considérablement la voilure. Car, pour l'heure, les fonds nécessaires paraissent loin d'être réunis : à la différence de Florence, de la région Toscane et des quatre villes d'Île-de-France, des départements de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de l'Essonne ainsi que du gouvernement français, la ville de Londres vient de faire savoir, après avoir beaucoup poussé pour obtenir le FSE, qu'elle ne pourra participer au financement du forum que de manière résiduelle. " Il faut faire une proposition réaliste, avance Redmond O'Neil, représentant de la municipalité dirigée par Ken " le rouge " Livingstone, en rupture avec le Parti travailliste. On ne pourra pas réunir des millions d'euros. Les lieux, les capacités d'accueil risquent d'être dictées par les coûts. Le maire va s'adresser aux communes périphériques, mais vous savez que, comme il a été exclu du Parti travailliste, il dispose de peu d'appuis politiques... " En fait, à la ville de Londres, on évoque une subvention autour de 300 000 euros (un dixième du financement public du FSE en France) et les Anglais se tournent d'ores et déjà - structuration de la société oblige - vers les syndicats, les communautés culturelles et religieuses pour trouver l'essentiel des fonds et les lieux nécessaires à l'accueil du FSE. L'assemblée européenne donne aux organisateurs britanniques jusqu'au 1er mars 2004 pour présenter un plan de financement et d'organisation pratique du FSE londonien.

Deuxième risque, mineur au regard du premier : que la base politique du forum soit plus étriquée. Longtemps détenteur du monopole de la représentation britannique dans le mouvement altermondialiste, le réseau Globalise Resistance, lui-même contrôlé en sous-main par les trotskistes du Socialist Worker's Party, doit faire une place à un rassemblement plus large qui aille de la puissante confédération syndicale TUC (liée organiquement aux travaillistes) aux forums sociaux locaux. Pour le moment, les Anglais n'ont pas réussi à constituer, à l'instar des organisateurs français, un " comité d'initiative ". " Mais, pour la première fois, des forces anglaises bien différentes travaillent ensemble ", se félicite Pierre Barge, de la LDH. " Le FSE de Londres sera pluraliste ou tout simplement ne sera pas, avertit Dominique Gianotti, de la FSU. On ne peut pas faire appel aux syndicats seulement quand il s'agit de trouver de l'argent ; on doit leur faire une place à part entière dans le processus, parce qu'ils y trouvent leur compte... "

La chance, enfin : qu'à partir de ces difficultés non négligeables, et au-delà, s'ouvre immanquablement le nécessaire débat sur l'efficacité du processus des FSE : place des plénières, rôle des séminaires, rapport au syndicalisme européen (à la CES), espacement dans le temps entre les différents forums, etc. " On ne peut plus utiliser le fonctionnement au consensus pour éviter les questions les plus difficiles, explique Helena Tagesson, d'ATTAC Suède. En n'affrontant pas réellement les problèmes, on ne rend pas service au mouvement en général. "

Thomas Lemahieu
 http://www.humanite.fr/journal/2003-12-16/2003-12-16-384589

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