start »
de
en
es
fr
>> back
Forum Social Europeen 2004 a Londres
by source: FSE maling-list - 09.11.2004 12:55
article sur le FSE qui paraitra dans "POUR", le journal de la FSU
«Bienvenue au pays de la pluie, du néolibéralisme et de la guerre» avaient lancé les organisateurs britanniques aux premiers arrivants. Pour chaque FSE, un nouveau lieu, un nouveau comité d'organisation. Le détour par Londres valait-il la peine? Certainement même si le défi était de taille.
Premier obstacle de taille, l'argent: Londres est bien la capitale la plus chère d'Europe; transports, hébergement, restauration les tarifs n'ont pas facilité la participation la plus large possible. Toutefois 20 000 personnes venus de 70 pays se sont déplacées jusqu'à l'Alexandra Palace pendant les trois jours de débat. Deuxième difficulté , traverser la manche, c'est se confronter à l'insularité britannique, autrement dit au désinteret pour questions européénnes. Car, sans surprise pour les organisations britanniques, tout secteur et sensibilité confondu, la priorité du mouvement altermondialiste c'est la lutte contre l'occupation de l'Irak. La mobilisation contre les poltiques néolibérales europénne reste elle secondaire. Que l'opposition à la guerre au Royaume -Uni occupe une place de choix se comprend aisément quand on sait les millions de personnes qui se sont mobilisées en Grande-Bretagne contre le suivisme sans réserve de Tony Blair dans cette »croisade ».
Cependant même si le programme fut déséquilibré de ce point de vue, on a pu retrouver cette variété de préoccupations qui sont le propre des forums sociaux. Le triste inventaire de l'offensive libérale qui pèse sur l'Europe a traversé les débats : Partout c'est la même tendance : allongement du temps de travail, remise en cause des droits des salariés, des systèmes de protection sociale, attaques contre les services publics ....et une demande lancinante : que fait-on? Les éléments de critique sont assez simples et partagés, tandis que concernant les alternatives et surtout la construction de mobilisations, les résultats sont limités. C'est ce qui explique le sentiment de répétition et d'impuissance.
Pourtant si les difficultés sont patentes, ce FSE aura permis aussi que se dégage quelques pistes; le projet d'une rencontre europééne sur l'éducations'est dessiné à l'issu des séminaires, des contacts avancent du côté des réseaux et syndicats sur la défense des services publics.
L'assemblée des mouvements sociaux du dimanche matin a refleté cette diversité de préoccupations, toutefois une date a émergé, celle du 19 mars au moment où aura lieu un Conseil européen particulièrement important puisqu'il se situera à mi-parcours du processus de Lisbonne, dont il fera le bilan, et qu'il portera sur les politiques économiques. L'appel intègre également le refus de la guerre, le 20 mars étant « l'anniversaire » de déclenchement de l'intervention en Irak.
Au final, le bilan de ce dernier FSE est contrasté. Au delà des difficultés organisationnelles et des insatisfactions en tout genre - à noter tout particulièrement l'impossibilité d'un débat contradictoire et respectueux sur la question du hijab- le FSE continue d'être un espace de rencontre et de débats irremplaçable. Pour autant chacun s'accorde à penser qu'il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion avant le prochain FSE qui se tiendra à Athènes au printemps 2006; une réflexion tant sur l'organisation même des débats et sur le processus de préparation que sur la finalité même des forums. Une nouvelle étape est nécessaire.
Sophie Zafari